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LOFOFORA
BIOGRAPHIE

25 ans... Voilà donc vingt-cinq ans que Lofofora essaime, créé, expérimente ce composé de métal-punk (fusionné) aux embruns groove et doté de conscience. Un quart de siècle, depuis sa naissance (à l’Hôpital Ephémère), que Lofofora parle à nos ventres rock et nos âmes citoyennes ; vingt cinq ans qu’ils dézinguent une à une les aberrations de cette époque et les absurdités d’un monde dans lequel ils tiennent le cap de l’alternative. Deux décennies et demi de résistance, qui relèvent autant de la vocation musicale que de la certitude idéologique. Véritable phoenix de la rage, Lofofora persiste et signe pour ce qu’il faut considérer comme un sacerdoce, une mission: maintenir l’idée que l’art –et la musique au premier rang– est, et doit rester, le miroir d’un monde et de ses sociétés.

Devant l’exigence, la précision, l’énergie réclamées par le combat rock, certains musiciens du groupe ont préféré voguer vers des contrées plus personnelles, pacifiées et moins engagées ; mais il était dit que Lofofora résisterait à tout. En 2011, le guitariste (depuis 2001) Daniel Descieux, le batteur (depuis 2009) Vincent Hernault et le binôme fondateur de Lofofora, Reuno Wangermez et Phil Curty accostent au Rec-Studio de Genève, chez le producteur suisse Serge Moratel pour leur septième album « Monstre Ordinaire » : un dense recueil d’états d’âmes et de poésie sombre trempé dans un métal orageux et radical. C’est ce même équipage qui a fait le voyage jusqu'à Rennes, pour enregistrer quatorze nouvelles chansons dans un studio replié en campagne bretonne.

En plein mi-avril, les voilà devant l’épreuve fatidique, au pied du mur du son, sur l’établi d’un huitième disque que Reuno a baptisé « L’épreuve du contraire ». Soumis au regard d’acier de Serge Morattel et de son T- Shirt Kiss, derrière sa console, les Lofo abordent l’enregistrement à tour de rôle chacun apportant sa partition à l’édifice dans une discipline irréprochable. La musique, surtout celle qui défie le son et le groove, qui sculpte la radicalité et frappe chirurgicalement les furoncles de la société, ne permet pas l’à peu près. C’est beau, un groupe au travail. Surtout lorsque chacun met la main à la pâte en cuisine, quand l’autre finit d’enregistrer sa part d’œuvre en bas dans le studio d’enregistrement.

Pour ce disque, Reuno aurait pu puiser sans modération dans les thèmes d’inspiration majeurs de Lofofora : la crise et les sphères politiques, le racisme, les exclusions et le délitement des droits sociaux, (...) l’extrême droite, (...), les sphères médiatiques dominantes, le néo-libéralisme, la bêtise(...): tous les sujets qui fâchent sont à portée d’encre. Mais au fil du temps et de l’expérience, les Lofofora ont affiné leur plume et délaissé le terrain de la réaction, de la posture frontale et de la dénonciation brute. Ils interrogent le mal être et la violence de l’époque - « Naufragé/ sans navire / Chevalier sans armure / Oublie ton avenir / La tête contre les murs... » - (Contre les murs), regardent avec désolation la montée irrépressible des idées nationalistes et d’un monde politique gangréné par les obsessions médiatiques « Jusqu’au retour de flamme, on ne voyait rien venir / Nous avons les moyens de voir ce que l’on croît. Depuis que l’envie a digéré la honte.... / Le nombril de la bête est le centre du monde / Mangez lui la tête » (Pornolitique).

Plus loin, Lofofora interroge le futur (Trompe la mort), la conscience et l’urgence environnementale - « Comme la peau du serpent notre terre est la chair... Sommes nous son cancer. » (Notre terre) ; s’inquiète des lendemains de l’individualisme, de l’effritement fatal des idéaux solidaires - « Tu l’as déjà compris, le bonheur est précaire et l’avenir instable mais je te garantis le déclin et la fin eux sont inéluctables / réjouissons nous à chaque mauvaise nouvelle comme une balle perdue à laquelle on réchappe / elle nous rappelle à l’ordre et nous ramène à l’essentiel... » (Le malheur des autres).

Le ton est grave mais la fibre est existentialiste et les mots fusent dans une poésie de plomb qui mêle le vitriol de Jello Biafra avec l’acidité d’Artaud. Rarement l’écriture de Reuno aura résonné de façon aussi incarnée. Viscérale, elle tisse les grandes lignes de la contre-culture sur un ciel musical sonique et changeant. Ce doit être ça "L' épreuve du contraire » : résister, rester vigilant, pratiquer le remise en question permanente, veiller à ne pas baisser la garde et rester sur le qui vive, y compris sur le terrain musical. Si la fusion métallique reste leur terrain de jeu favori, ils voyagent dans l’univers sonique avec l’aisance des groupes aguerris, en perpétuel mouvement(...) En quatorze chansons, enregistrées en quatorze jours, Lofofora vient de donner une nouvelle feuille de route, musicale et poétique au rock d’ici, sans doute la plus belle que le groupe ait jamais écrite : « L’épreuve du contraire ».

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