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GAYE SU AKYOL
BIOGRAPHIE

La chanteuse Gaye Su Akyol mêle influences orientales et occidentales dans son nouvel album, sorti à l’international le 11 novembre. Un manifeste de résistance dans la Turquie d’Erdogan.

“Les temps sont durs pour la scène musicale turque, se lamente The Guardian, avec des menaces d’annulations de festivals et des artistes étrangers annulant leurs concerts dans le prolongement des attaques terroristes, du coup d’État manqué [le 15 juillet] et de la répression en cours. Alors, le fait que des artistes locaux continuent d’offrir des créations innovantes est plutôt une bonne nouvelle. Et la figure de Gaye Su Akyol s’impose particulièrement comme une prétendante au succès global avec Hologram Imparatorlugu [Empire hologramme, son deuxième album], sa première sortie internationale.”

La chanteuse turque fait partie, “aux côtés des groupes de rock gothique She Past Away et Bubituzak, dont les membres jouent sur ses disques, d’une scène qui combat le conservatisme culturel”, annonce le magazine musical en ligne britannique The Quietus.

“Née au milieu des années 1980, Gaye Su Akyol était trop jeune pour prendre part à la première scène alternative stambouliote”, indique The Quietus. Cette scène punk originelle des années 1960 et 70 fut considérée par la gauche turque comme “symptomatique de l’impérialisme, de la décadence occidentale” et globalement interdite d’antenne dans le pays.

Fille du peintre Muzaffer Akyol, Gaye “n’a découvert des artistes étrangers qu’une fois adolescente – notamment Nick Cave, Joy Division, Sonic Youth et Einstürzende Neubauten”. Ce sont plutôt les chanteuses Selda Bagcan et Müzeyyen Senar qui ont constitué son univers sonore, des artistes qui “bien qu’ayant trait aux styles orientaux et turcs classiques n’en sont pas moins politiques dans le ton”. La chanteuse a toujours “gardé cette idée originale selon laquelle les punks turcs ne pouvaient se contenter d’un pastiche des clichés du punk occidental”, analyse The Quietus.

Difficile de passer cette nouvelle vague sous silence

Son disque, disponible depuis le 11 novembre, “fait référence à l’ambiance politique de la Turquie contemporaine, ainsi des paroles de la chanson Dünya Kaleska : “Tu nous as vendus !/Tu possèdes un palais/Mais ce ne sont que quatre murs et du vide/Les possessions mutilent les mortels”. Et le magazine britannique de conclure :

Avec cette sortie internationale et la programmation de Akyol dans des festivals tels que Roskilde [au Danemark] et Le Guess Who ? [aux Pays-Bas], il va devenir de plus en plus difficile pour les forces conservatrices turques de passer sous silence cette nouvelle vague qui voit le jour à Istanbul.”